Le marché du diesel vert était évalué à 38,66 milliards de dollars américains en 2024 et devrait atteindre une valorisation de 94,96 milliards de dollars américains d'ici 2033, avec un TCAC de 10,50 % au cours de la période de prévision 2025-2033.
Le marché du diesel vert connaît une expansion mondiale significative, portée par des cadres réglementaires solides et une demande croissante d'énergies alternatives plus propres. En Amérique du Nord, et plus particulièrement aux États-Unis, une hausse notable de la production est attendue, les prévisions tablant sur une augmentation de 210 000 barils par jour en 2024 à 230 000 en 2025. Cependant, après une période d'expansion rapide, la croissance de la capacité de production américaine devrait se stabiliser, n'augmentant que de 100 millions de gallons pour atteindre un total de 5,2 milliards de gallons en 2025, et se maintenant à ce niveau jusqu'en 2026. Cela suggère une phase de consolidation du marché, les projets existants arrivant à maturité. Parallèlement, l'Europe se prépare à une forte augmentation de la demande, la consommation devant progresser d'environ 26 % en 2025. Pour y répondre, la production européenne devrait également augmenter d'environ 16 % la même année, témoignant d'un marché dynamique et en pleine croissance outre-Atlantique.
Le marché mondial du diesel vert a connu une croissance spectaculaire, passant de 12,45 millions de tonnes en 2022 à environ 23 millions de tonnes en 2024. Cette croissance est d'autant plus marquée que des producteurs majeurs comme Neste ambitionnent d'atteindre 6,8 millions de tonnes de ventes d'ici 2026. L'un des principaux atouts du diesel vert réside dans sa capacité à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, de plus de 80 % par rapport au diesel conventionnel. Le secteur observe également une évolution stratégique en matière de matières premières, avec une préférence croissante pour les intrants issus de déchets tels que les huiles de cuisson usagées et les graisses animales. Cette évolution renforce non seulement le profil de durabilité du carburant, mais diversifie également la chaîne d'approvisionnement. Les incitations gouvernementales, comme la directive européenne sur les énergies renouvelables et la norme américaine sur les carburants renouvelables, demeurent des facteurs clés de la progression du marché.
Les perspectives à long terme du marché du diesel vert sont exceptionnellement positives, notamment grâce à sa compatibilité immédiate avec les moteurs existants. Cet atout majeur favorise son adoption dans des secteurs difficiles à décarboner comme le transport lourd et l'aviation. La dynamique mondiale est forte, avec une expansion prévue sur de nouveaux marchés comme l'Amérique du Sud en 2025. L'intégration du bioraffinage est manifeste : la coproduction de carburant d'aviation durable (SAF) devrait doubler aux États-Unis d'ici 2025. Surtout, la conversion des raffineries de pétrole conventionnelles s'accélère, signe d'un changement stratégique à long terme de la part des principaux acteurs.
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La principale tendance qui domine le marché du diesel vert est la forte pression exercée sur les chaînes d'approvisionnement en matières premières. La forte hausse de la demande d'huiles de cuisson usagées et de suif a entraîné une importante volatilité des prix. Le marché est désormais extrêmement attentif aux scores d'intensité carbone (IC), car de nouvelles politiques, comme le crédit fédéral 45Z, récompensent financièrement les matériaux à faible IC. Il en résulte une hiérarchie des valeurs bien définie, les huiles de cuisson usagées à faible IC devenant un produit de première valeur, ce qui stimule les investissements dans de nouvelles matières premières comme le carinata et le pongamia.
La mise en œuvre de nouvelles politiques engendre une incertitude sur les marchés. Aux États-Unis, le déploiement du crédit d'impôt Section 45Z en janvier 2025 a induit une attitude attentiste, certains producteurs attendant les directives finales du Trésor avant d'optimiser leur production. En Europe, de nouvelles réglementations telles que FuelEU Maritime, également applicables en 2025, créent une nouvelle demande de carburants renouvelables dans le secteur du transport maritime, intensifiant la concurrence pour les mêmes ressources limitées issues des déchets.
La tendance stratégique la plus marquante est le virage du marché du diesel vert vers le carburant d'aviation durable (SAF), plus rentable, comme en témoigne la conversion d'usine de Diamond Green Diesel, un investissement de 315 millions de dollars. Par ailleurs, le co-traitement gagne du terrain. Plutôt que de construire de nouvelles installations coûteuses, les géants de l'énergie tels que Repsol, Eni et Phillips 66 modernisent de plus en plus leurs raffineries de pétrole existantes pour traiter des matières premières renouvelables en parallèle du pétrole brut. Cette approche réduit considérablement les dépenses d'investissement et accélère l'entrée sur le marché, constituant ainsi une stratégie sophistiquée pour diversifier efficacement la production.
Voici les 5 principaux acteurs du marché en 2025, en fonction de leur production et de leurs investissements stratégiques :
Le marché du diesel vert repose essentiellement sur l'huile végétale, une matière première dont la prédominance est attestée par une demande considérable et une efficacité de production élevée. L'huile végétale représentait plus de 32 % des parts de marché en 2024. Les projections pour la campagne 2025/26 indiquent que la demande américaine d'huile de soja pour la production de biocarburants devrait atteindre un niveau record de 7 milliards de kilogrammes (15,5 milliards de livres), soit plus de la moitié de la production nationale d'huile de soja et environ 45 % de sa consommation totale. Cette forte demande est confortée par les prévisions du Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), qui estiment que la consommation d'huile de soja pour le diesel biosourcé atteindra 6,3 milliards de kilogrammes (13,9 milliards de livres), soulignant ainsi la dépendance durable et à grande échelle à cette unique culture pour alimenter la transition énergétique verte du pays.
Cette dépendance est renforcée par la diversité des matières premières et le fort potentiel de rendement du secteur. Si le soja domine le marché, le biodiesel s'appuie également sur le colza, le tournesol et des huiles non comestibles comme l'huile de caoutchouc pour atténuer le dilemme « alimentation ou carburant ». L'efficacité de certaines cultures est remarquable : le palmier à huile peut produire jusqu'à 4 736 litres par hectare, tandis que l'huile de jatropha, non comestible, peut être convertie avec un rendement supérieur à 95 %. Même le maïs présente un fort potentiel, avec un rendement de conversion en éthanol de 400 litres par tonne. Cette combinaison d'échelle, d'efficacité des cultures et de diversité croissante consolide la position incontestable des huiles végétales comme matière première essentielle du marché mondial.
L'hydrothermolyse catalytique, une forme d'hydrotraitement, s'impose comme la technologie de production dominante sur le marché du diesel vert, avec plus de 68 % de parts de marché, grâce à son rendement supérieur et à la haute qualité du carburant produit. Sa position dominante est incontestable, tandis que des technologies connexes comme l'écofinage devraient représenter près de 84,33 % du chiffre d'affaires du marché des huiles végétales hydrotraitées (HVO) en 2025. Cette préférence s'explique par sa capacité à produire un carburant « prêt à l'emploi », chimiquement identique au diesel pétrolier, et affichant un indice de cétane nettement supérieur (70-90) à celui du diesel conventionnel (40-55). Il en résulte de meilleures performances moteur et une durée de conservation remarquable pouvant atteindre dix ans.
Les mérites techniques de l'hydrothermolyse sont indéniables. Ce procédé atteint des rendements de désoxygénation exceptionnels, jusqu'à 95 %, avec des rendements totaux en hydrocarbures liquides issus d'huiles végétales compris entre 70 % et 90 %. Ce taux de conversion élevé, associé à la capacité de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu'à 90 %, en fait l'option la plus viable sur les plans environnemental et commercial. Son adaptabilité est encore démontrée par le co-traitement, qui permet aux raffineries existantes d'accéder au marché du diesel vert avec un investissement minimal. Cette combinaison de haute efficacité, de qualité supérieure du produit et de compatibilité avec les infrastructures garantit que l'hydrothermolyse catalytique demeure la pierre angulaire de la production de diesel vert.
Le secteur des transports est incontestablement le principal moteur du marché du diesel vert, consommant plus de 62 % du diesel vert produit. Ce constat est étayé par des données de consommation impressionnantes et une adoption croissante par les flottes. En 2023, ce secteur a consommé environ 95 % des près de 46 millions de barils de biodiesel utilisés aux États-Unis. La croissance est fulgurante : la consommation nationale de diesel renouvelable a bondi de 68 % en 2023 par rapport à l’année précédente, et un nombre record de 39 % des flottes interrogées ont déclaré l’utiliser en 2024. Cette adoption rapide souligne le rôle crucial du secteur en tant que principal utilisateur final, grâce à la compatibilité et aux avantages immédiats de ce carburant.
Cette domination s'explique par une combinaison efficace d'incitations pratiques, environnementales et réglementaires. Ce carburant, compatible avec les moteurs existants, ne nécessite aucune modification. Les flottes bénéficient de réductions significatives des émissions, notamment une baisse de 10 à 12 % des NOx et de 22 à 30 % des particules fines, ainsi que de coûts d'entretien réduits. Le carburant représentant 28 % des coûts d'exploitation d'un transporteur, les gains d'efficacité liés à un indice de cétane plus élevé sont indéniables. Les réglementations gouvernementales, telles que l'exigence de l'EPA de 3,35 milliards de gallons pour 2025, contribuent à institutionnaliser son utilisation, faisant du secteur des transports le principal moteur de la demande sur le marché du diesel vert.
La vente directe aux grands consommateurs s'est imposée comme le canal de distribution le plus lucratif et dominant, avec plus de 65 % de parts de marché sur le marché du diesel vert, surpassant largement les modèles de vente au détail traditionnels. L'ampleur de ces transactions est considérable : les producteurs concluent des accords d'achat pluriannuels portant sur des volumes importants, couvrant souvent la totalité de la production d'une installation. Par exemple, Aemetis a signé un contrat de 10 ans portant sur 450 millions de gallons, tandis que Vertex Energy s'est engagée à vendre 100 % de sa production de diesel renouvelable directement à Idemitsu Apollo pendant cinq ans. Ces accords de plusieurs milliards de dollars, comme celui d'ExxonMobil portant sur l'achat de jusqu'à 5 millions de barils par an, illustrent un virage stratégique vers la distribution en gros.
La suprématie de ce canal de distribution se consolide grâce à des changements structurels du marché, notamment le passage prochain, fin 2024, d'un crédit d'impôt pour les mélangeurs au crédit d'impôt 45Z pour la production de carburants propres. Ce nouveau crédit, pouvant atteindre 1 dollar par gallon pour les producteurs nationaux, rend l'approvisionnement direct auprès des installations américaines plus avantageux financièrement et devrait réduire les importations de biocarburants. Pour les producteurs, ces contrats d'achat direct offrent une garantie de revenus considérable – Aemetis a conclu plus de 5 milliards de dollars grâce à de tels accords – ce qui soutient le financement de nouvelles usines. Cette combinaison efficace d'économies de gros et d'incitations axées sur les producteurs a consolidé la vente directe comme principal moteur financier et logistique du marché du diesel vert.
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L'Amérique du Nord contrôle actuellement 35 % du marché mondial, les États-Unis y jouant un rôle prépondérant. Le pays s'est fermement positionné comme leader mondial, connaissant une expansion sans précédent de ses capacités de production. Début 2024, sa capacité de production atteignait déjà le chiffre impressionnant de 4,3 milliards de gallons par an, un volume qui devait augmenter de 800 millions de gallons supplémentaires dans l'année. Cette forte croissance devrait porter la capacité totale à 5,2 milliards de gallons d'ici 2025. Cette expansion se traduit directement par une hausse de la production, la production journalière moyenne passant de 210 000 barils en 2024 à 230 000 barils par jour prévus en 2025. Cette progression témoigne d'une stratégie nationale ambitieuse, faisant des États-Unis la plaque tournante de la production mondiale de diesel vert.
Cette forte croissance de la production s'accompagne d'une demande intérieure tout aussi soutenue, créant ainsi un marché du diesel vert équilibré et autosuffisant. La consommation devrait se maintenir à un niveau élevé de 240 000 barils par jour en 2024 et 2025, ce qui indique que le marché absorbe facilement l'offre croissante. Ce niveau de consommation élevé est largement dû aux importantes mesures incitatives mises en place aux niveaux fédéral et étatique pour décarboner le secteur des transports. Malgré son importante production nationale, les États-Unis devraient rester un importateur net de diesel renouvelable, avec un besoin moyen de 20 000 barils par jour en 2025. Ce léger déficit souligne l'ampleur de la demande américaine et confirme le dynamisme du marché américain.
Le marché européen du diesel vert, déjà bien établi, entre dans une nouvelle phase marquée par une demande croissante qui commence à dépasser la croissance de la production régionale. Alors que la capacité de production d'HVO du continent connaît une forte progression, devant doubler pour atteindre environ 10 millions de tonnes d'ici 2025, la consommation augmente encore plus rapidement. En 2024, l'Union européenne devrait maintenir un excédent de production de 342 000 tonnes. Cependant, cet excédent devrait se réduire considérablement pour n'atteindre que 72 000 tonnes en 2025. Ce resserrement de l'écart signale un tournant décisif sur le marché, où les augmentations de production existantes et prévues, supérieures à 400 000 tonnes en 2025, pourraient avoir du mal à suivre le rythme de la hausse des obligations de consommation.
Le principal facteur de ces tensions sur le marché est le renforcement des politiques en matière d'énergies renouvelables au sein de l'Union européenne, qui alimente une forte hausse de la consommation. La consommation d'HVO s'élevait à 3,9 millions de tonnes en 2024 et devrait encore augmenter, des pays comme l'Allemagne anticipant une hausse potentielle de la demande de 1,5 million de tonnes d'ici 2026. Pour combler le déficit d'approvisionnement, le marché européen du diesel vert dépend de plus en plus des importations. En témoignent d'importants flux commerciaux, notamment 788 322 tonnes de biodiesel en provenance de Chine en 2024, et un marché spot en plein essor pour différentes catégories d'HVO début 2025. Cette dynamique souligne la transition de l'Europe d'un marché autosuffisant à un marché dépendant des importations pour atteindre ses objectifs climatiques ambitieux.
Le marché Asie-Pacifique se caractérise par une croissance rapide et à grande échelle, bien que son développement repose sur des stratégies nationales diverses plutôt que sur une approche unifiée. La région dans son ensemble connaît une forte progression, son volume de marché, qui s'élevait à 12 millions de tonnes en 2024, devrait atteindre 19,7 millions de tonnes d'ici 2033. La Chine se distingue comme un acteur majeur de la production, sa production de biodiesel devant atteindre 2,85 milliards de litres en 2024, grâce à ses 48 usines opérationnelles. Cette ampleur considérable positionne l'Asie-Pacifique, avec la Chine en son cœur, comme une force émergente essentielle, susceptible d'influencer significativement la dynamique mondiale de l'offre et de la demande sur ce marché.
Au-delà des chiffres globaux, la véritable nature du marché régional du diesel vert se révèle dans la diversité des approches adoptées par ses principaux pays. L'Indonésie, par exemple, privilégie une production nationale massive pour satisfaire ses besoins internes, atteignant le chiffre impressionnant de 13,15 millions de kilolitres en 2024. À l'inverse, la Malaisie développe un modèle axé sur l'exportation, avec de nouvelles bioraffineries en construction destinées à approvisionner le marché mondial en HVO et en carburant d'aviation durable. Parallèlement, des pays comme la Corée du Sud et la Thaïlande s'attachent à consolider leurs marchés intérieurs, la distribution en Corée du Sud atteignant 911 142 kilolitres en 2024. Cette mosaïque de stratégies illustre un marché régional dynamique et multiforme, en pleine expansion et de plus en plus complexe.
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