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Aperçu du marché
Le marché du fromage halloumi devrait atteindre une valeur de 1 034,51 millions de dollars américains d’ici 2033, contre 496,44 millions de dollars américains en 2024, soit un TCAC de 8,5 % au cours de la période de prévision 2025-2033.
Principales conclusions
Le marché du fromage halloumi se caractérise par un fort découplage entre volume et valeur. Nous assistons actuellement à une correction de sa valorisation, induite par l'entrée en vigueur du quota de 30 % de lait de brebis et de chèvre, applicable dès début 2025. Si les volumes d'exportation totaux se sont stabilisés autour de 43 000 tonnes, soit une croissance modeste de 1,5 %, la valeur des échanges a bondi de près de 18 %, portant les recettes d'exportation du secteur à plus de 360 millions d'euros. Ceci témoigne d'une montée en gamme réussie, bien que forcée, de la catégorie.
Le marché des matières premières est actuellement marqué par une forte volatilité. Les prix du lait de brebis à la production ont atteint des niveaux sans précédent, oscillant entre 1,80 € et 2,20 € le litre selon sa teneur en matières grasses et la saisonnalité, soit une hausse de près de 25 % sur un an, ce qui place le marché du fromage halloumi dans une situation complexe. Cette inflation des coûts est directement répercutée sur les distributeurs, entraînant une augmentation du prix en rayon d'environ 1,50 € le kilogramme dans les principales chaînes européennes.
Géographiquement, la dépendance au Royaume-Uni s'atténue légèrement, passant de 46 % à 43 % de la part totale du marché du halloumi, tandis que les États-Unis et l'Arabie saoudite affichent les taux de croissance des importations les plus élevés, avec des augmentations respectives de 22 % et 18 %. Le taux de rotation des stocks de halloumi AOP authentique s'est accéléré : les détaillants détiennent désormais en moyenne 12 jours de stock, contre 18 jours en 2023, signe d'une offre de plus en plus tendue. Surtout, la « guerre des quotas » a créé une dichotomie dans les rayons : le halloumi AOP se vend désormais 40 % plus cher que les fromages à griller non AOP, un écart qui s'est considérablement creusé ces douze derniers mois.
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Tirer parti du découplage structurel entre la valorisation du halloumi et les indicateurs de volume d'exportation
Le changement structurel le plus marquant du marché du halloumi en 2025 est le découplage brutal entre volume et valeur, un phénomène qui modifie fondamentalement les perspectives d'investissement du secteur. Avec une hausse de 19,4 % de la valeur des exportations contre une augmentation modeste de 1,8 % du volume, le marché a de facto annoncé la fin du halloumi comme produit de base stimulant les volumes. Cette divergence n'est pas une anomalie inflationniste temporaire, mais une réinitialisation permanente induite par le quota de 30 % pour le lait de brebis et de chèvre. Pour les détaillants et les distributeurs, les conséquences sont sans appel : l'époque où le halloumi était utilisé comme produit d'appel ou comme produit promotionnel (« un acheté, un offert ») est révolue. La rentabilité unitaire ne justifie plus les remises sur volume, obligeant les acheteurs à revoir leurs stratégies de gestion des catégories afin de privilégier la préservation des marges plutôt que le tonnage.
Cette montée en gamme du marché du halloumi exclut les consommateurs sensibles au prix, redéfinissant ainsi le profil démographique des acheteurs de halloumi. La stagnation des volumes suggère que, malgré une demande de base toujours soutenue, les consommateurs occasionnels se désintéressent de ce segment de marché. Pour les acteurs du secteur, c'est le signal de réorienter les budgets marketing, en délaissant les campagnes de notoriété de masse au profit du développement de la valeur de la marque. La valeur se crée désormais en défendant le prix, et non plus en générant des volumes importants. Les entreprises qui n'adaptent pas leurs objectifs commerciaux à cette réalité de faibles volumes et de forte valeur risquent d'éroder leur capital de marque en poursuivant des chiffres de vente illusoires dans ce nouveau contexte réglementaire.
Atténuer la crise de liquidités provoquée par la disparité asymétrique des coûts de production du lait de brebis sur le marché du fromage halloumi
La rentabilité interne de la production de halloumi est actuellement compromise par l'écart sans précédent des prix du lait, une situation qui comprime les marges des transformateurs au point de rupture. Avec un prix du lait de brebis à 2,15 € le litre contre 0,63 € pour le lait de vache, le multiple de prix qui en résulte, de 3,4, crée un contexte financier périlleux pour les acteurs exposés au marché au comptant. Il ne s'agit plus seulement d'un problème d'approvisionnement agricole ; c'est le principal poste de risque dans le compte de résultat de tous les grands producteurs. L'augmentation du taux d'incorporation obligatoire de cette matière première coûteuse a entraîné une hausse disproportionnée du coût des marchandises vendues (CMV), pénalisant les fabricants qui s'appuyaient sur l'ancien modèle opérationnel, fortement axé sur le lait de vache.
Pour les investisseurs et les acheteurs stratégiques du marché du halloumi, cette inflation des matières premières définit un nouveau contexte concurrentiel où seule la loi du plus fort prévaut. Le marché se divise entre les coopératives verticalement intégrées, qui ont conclu des contrats à prix fixe à long terme avec les bergers en 2024, et les transformateurs indépendants, actuellement confrontés à d'importantes pertes sur le marché libre. Ces derniers font face à une crise de liquidités, incapables de répercuter intégralement la hausse de 25 % du coût des intrants sur les détaillants, qui contestent déjà les augmentations de prix. Par conséquent, nous prévoyons une vague de consolidation au premier trimestre 2026, les petits acteurs, fortement exposés à la volatilité du marché au comptant du lait de brebis, étant absorbés par de plus grandes entités disposant de chaînes d'approvisionnement sécurisées.
Analyse des tendances : Arbitrer l’écart de marge transatlantique en réorientant l’offre vers la frontière américaine à forte croissance
Les États-Unis ont officiellement dépassé le stade de simple terrain d'expérimentation pour devenir le moteur incontesté de la croissance mondiale du marché du halloumi. Le franchissement du seuil des 45 millions d'euros d'importations, avec une croissance fulgurante de 115 % sur un an, indique que le marché américain est passé d'une adoption marginale à une intégration systémique. Cette expansion à trois chiffres s'explique non seulement par le volume, mais aussi par la répartition des circuits de distribution. Contrairement au marché britannique, mature et saturé par la concurrence des marques de distributeur, 60 % du volume américain transite par des circuits de distribution spécialisés à forte marge, tels que Whole Foods et Sprouts. Ce positionnement haut de gamme permet aux exportateurs d'obtenir des prix FOB (Free On Board) nettement supérieurs à ceux des expéditions destinées aux discounters britanniques ou européens.
Ce virage géographique représente l'opportunité la plus lucrative pour les acteurs du secteur cherchant à sortir de la stagnation du marché du halloumi en zone euro. Le consommateur américain découvre le halloumi dans un contexte de montée en gamme culinaire, prêt à débourser jusqu'à 12 dollars la livre pour ce fromage perçu comme artisanal, d'origine méditerranéenne, idéal pour les grillades. Les exportateurs qui réorientent activement leurs quotas d'approvisionnement du marché britannique stagnant vers les plateformes de distribution américaines constatent des gains de marge immédiats. L'impératif stratégique est clair : privilégier les routes commerciales transatlantiques où le produit est encore en phase de découverte et bénéficie d'une prime de nouveauté, plutôt que de s'engager dans une lutte acharnée pour se faire une place sur le marché européen saturé.
Défi : Endiguer la fuite commerciale des consommateurs sensibles aux prix vers les fromages à griller concurrents sans AOP
Le chiffre le plus alarmant pour les défenseurs de l'AOP sur le marché du halloumi est l'érosion rapide de leurs parts de marché dans la région DACH (Allemagne, Autriche et Suisse), où le « fromage à griller » non AOP s'est emparé de 28 % du marché. Cette « fuite » confirme la rupture de l'élasticité-prix en Europe continentale. Dès que le halloumi authentique a franchi le seuil psychologique des 20 €/kg, près d'un tiers des consommateurs se sont tournés vers des imitations moins chères, à base de lait de vache, produites en Allemagne et en Autriche. Ces concurrents exploitent le « vide de prix » créé par la hausse des coûts de production chypriote, en proposant un substitut fonctionnel qui offre le même « grincement » sans le prix exorbitant lié aux enjeux géopolitiques.
Cette perte de 28 % de parts de marché constitue un signal d'alarme crucial pour la stratégie de marque mondiale du halloumi. Elle indique que, pour une part importante de la population, l'AOP ne justifie pas une prime de prix de 40 %. Les acteurs du secteur doivent prendre conscience que l'appellation « fromage à griller » n'est plus un simple phénomène marginal, mais un véritable frein à la croissance du marché. Pour endiguer ce phénomène, l'industrie ne peut se reposer uniquement sur les protections légales ; elle doit mener une campagne d'information intensive afin de différencier la saveur complexe et acidulée du fromage de brebis de la saveur neutre et fade du fromage . Si cette tendance observée dans la région DACH se confirme au Royaume-Uni ou aux États-Unis, le secteur authentique risque de devenir un produit de luxe plutôt qu'un produit de base.
Opportunité : Obtenir des contrats de volume à long terme en institutionnalisant le halloumi comme alternative à la viande dans la restauration rapide.
La transformation du marché du halloumi, passé de produit de niche en grande distribution à aliment de base de la restauration, est désormais statistiquement indéniable. Le secteur exporte en effet 42 % de son volume total vers la restauration hors domicile. Dépassant pour la première fois les ventes au détail, cette évolution est due presque exclusivement à l'intégration du halloumi dans les menus permanents des grandes chaînes de restauration rapide. Le produit s'est imposé comme une alternative riche en protéines à la viande, devenant ainsi l'option végétarienne de référence dans les chaînes de burgers à travers l'Europe. Ce circuit de distribution, stable et à fort volume de ventes, assure une demande constante et protège les producteurs des fluctuations des habitudes d'achat hebdomadaires des supermarchés.
Cependant, cette domination du halloumi dans la restauration exige une refonte radicale des lignes de production. Fini le temps du bloc artisanal plié en forme de feuille de menthe : place désormais au steak industriel standardisé et pré-tranché, conçu pour les cuisines automatisées. Les producteurs ayant investi dans les technologies de tranchage à grande vitesse et le conditionnement sous vide remportent ces contrats colossaux, tandis que les laiteries traditionnelles sont laissées pour compte. Avec 42 % de parts de marché, l’avenir du halloumi se situe entre le B2B et le B2C. Les acteurs du secteur doivent adapter leurs stratégies commerciales pour cibler les responsables des achats centralisés des chaînes alimentaires multinationales, où les discussions portent sur le contrôle des portions, le point de fusion et la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement, et non sur l’attrait visuel en rayon.
Analyse segmentaire
Des méthodes de production abordables assurent la domination du marché de masse aux produits laitiers traditionnels
Les méthodes de production conventionnelles dominent le marché du halloumi, représentant 70 % des parts de marché, grâce à l'utilisation de mélanges de lait de vache facilement accessibles. Ceci permet aux fabricants de maintenir des prix de détail proches de 7,20 USD la livre. En 2024, le secteur a transformé environ 210 millions de litres de lait, s'appuyant largement sur les techniques de pasteurisation standard pour répondre à la demande mondiale. De nouveaux décrets gouvernementaux, entrés en vigueur en 2025, ont fixé des quotas spécifiques, plafonnant la part de lait de chèvre et de brebis à 15 % pendant certaines périodes, ce qui favorise la production de masse de halloumi conventionnel. Ce segment a vu ses volumes de production dépasser les 30 000 tonnes, répondant aux commandes importantes des chaînes de restauration rapide et des supermarchés à bas prix. Le halloumi conventionnel a généré 324 millions de dollars de recettes d'exportation pour Chypre, grâce à son rapport coût-efficacité par rapport aux alternatives biologiques.
Ce sont les familles soucieuses de leur budget qui ont stimulé les ventes de halloumi en 2024, avec l'achat de plus de 50 millions d'unités de fromage conventionnel pour la cuisine familiale. Les grands producteurs, comme Petrou Bros, ont investi massivement dans des lignes de pliage automatisées, capables de traiter 5 000 litres par heure afin de garantir un approvisionnement régulier. Le halloumi conventionnel est désormais référencé dans 7 800 points de vente aux États-Unis, son prix plus abordable lui permettant de conquérir de nouveaux quartiers. En Arabie saoudite, les importateurs ont acheté 1 524 tonnes de produit conventionnel, privilégiant la constance du goût à la certification biologique. Cet écart de prix permet au halloumi conventionnel de rester un incontournable des cantines scolaires et des menus hospitaliers, où les contraintes budgétaires influencent les choix d'approvisionnement.
Ses applications culinaires polyvalentes confortent son profil de saveur classique et en font le favori des consommateurs.
Les variétés nature dominent le marché du halloumi, représentant plus de 45,40 % des revenus, grâce à leur goût neutre et légèrement salé qui s'adapte parfaitement à une grande variété de recettes, des salades aux amuse-bouche frits. En 2024, ce segment a généré un chiffre d'affaires de plus de 312 millions de dollars, les puristes préférant le goût authentique chypriote aux alternatives aromatisées au basilic ou au piment. Les données de 2025 indiquent que les ménages britanniques consomment en moyenne 8 kilogrammes de halloumi nature par an, appréciant sa polyvalence avec différentes sauces. Les grandes chaînes de restauration rapide ont lancé cinq nouveaux burgers à base de halloumi nature à l'échelle mondiale, ce qui a fait exploser les commandes d'ingrédients en gros.
Sur le marché mondial du halloumi, les consommateurs ont acheté plus de 150 000 tonnes de produit nature, preuve que la polyvalence prime sur la nouveauté dans les rayons des produits laitiers. En 2024, les recherches de recettes pour « tacos halloumi classiques » et « frites halloumi nature » ont atteint 2 millions de requêtes uniques, témoignant d'un fort intérêt pour la cuisine maison. Le segment du halloumi nature domine les exportations vers la Suède, où 3 247 tonnes ont été importées en 2024 pour répondre aux traditions estivales de grillades. Des enseignes comme Aldi et Lidl ont vendu plus de 10 millions d'unités de leur halloumi nature de marque distributeur, démontrant ainsi que ce produit de base n'a besoin d'aucun artifice pour se vendre. L'absence d'épices ajoutées lui confère une composition plus simple, un atout majeur pour les parents qui achètent pour de jeunes enfants.
L'expansion des points de vente physiques et les expériences d'achat sensorielles stimulent les ventes en magasin.
Les circuits de distribution physiques restent prédominants sur le marché du halloumi, car les consommateurs préfèrent examiner visuellement la texture du fromage et vérifier l'intégrité de son emballage sous vide avant l'achat. En 2024, les supermarchés et hypermarchés européens ont consacré plus de 6 000 mètres linéaires de rayons réfrigérés à ce produit. Au Royaume-Uni, les quatre principales enseignes de distribution alimentaire ont vendu plus de 15 000 tonnes directement en magasin, profitant de l'affluence importante dans les rayons produits laitiers. Aux États-Unis, 850 nouveaux points de vente ont commencé à proposer du halloumi en 2025, élargissant ainsi sa disponibilité au-delà des épiceries fines. Rien qu'au Royaume-Uni, les magasins physiques ont généré un chiffre d'affaires de plus de 42 millions de dollars, grâce aux achats hebdomadaires.
Les consommateurs apprécient de pouvoir vérifier eux-mêmes les dates de péremption, 90 % des ventes de halloumi en Allemagne étant réalisées en magasin. Les grandes enseignes comme Carrefour et Tesco ont mené 500 campagnes promotionnelles en magasin en 2024, proposant des offres du type « 2 pour 10 $ », moins efficaces en ligne. En Australie, les ventes hors ligne ont atteint 2 041 tonnes, les consommateurs achetant le fromage en même temps que de la viande fraîche pour leurs barbecues. La disponibilité immédiate favorise les achats impulsifs, qui ont représenté 1,5 million d'unités vendues durant l'été 2024. Les géants de la distribution ont su tirer parti des présentoirs de tête de gondole pour écouler 5 000 tonnes de stocks excédentaires pendant les mois de forte production.
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L'exploitation des saveurs profondes grâce à un vieillissement prolongé génère des revenus pour les produits laitiers matures.
Le segment du halloumi affiné a généré 57,10 % du chiffre d'affaires du marché, les consommateurs privilégiant de plus en plus sa texture riche et ferme, obtenue après plus de 40 jours de saumure. En 2024, Chypre a exporté un volume record de 42 427 tonnes de halloumi, cette variété affinée se vendant à prix d'or sur les marchés internationaux. Au Royaume-Uni, les acheteurs ont importé plus de 18 558 tonnes, plébiscitées pour leur excellente tenue à la cuisson. En 2024, plus de 12 000 restaurants gastronomiques du monde entier proposaient du halloumi affiné à leur carte, sa texture ferme permettant de remplacer les steaks hachés. Ce segment a enregistré plus de 25 millions d'unités vendues dans les chaînes de distribution européennes, les consommateurs étant en quête d'expériences culinaires authentiques. Aux États-Unis, les enseignes haut de gamme proposaient ces halloumi affinés à environ 16 dollars la livre, misant sur leur caractère artisanal.
Sur le marché du halloumi, les restaurants privilégient les fromages affinés car ils réduisent le gaspillage : leur texture ferme empêche le fromage de fondre sur la grille du barbecue aux heures de pointe. En 2025, les principaux distributeurs de produits alimentaires en Allemagne ont commandé 3 256 tonnes de ces blocs plus fermes pour répondre à la demande d’alternatives végétariennes au schnitzel. Leur goût salé distinctif diminue le besoin d’assaisonnement, ce qui permet aux cuisines professionnelles d’économiser environ 0,15 USD par portion sur le coût des ingrédients. Les exportations de ce type de halloumi ont généré plus de 200 millions de dollars de recettes pour les producteurs chypriotes l’an dernier. Selon les données consommateurs, trois acheteurs suédois sur cinq recherchent spécifiquement le halloumi affiné pour s’assurer que sa texture ferme et élastique reste bien présente après la cuisson.
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Analyse régionale
Lutter contre l'érosion des marges et la substitution des matières premières dans le cadre de l'ancrage de volume européen saturé
L'Europe demeure le principal acteur mondial du marché du halloumi en volume, absorbant environ 18 500 tonnes rien qu'au Royaume-Uni. Cependant, la région est confrontée à une forte compression des marges. La maturité du marché est manifeste, la croissance s'étant stabilisée sous la barre des 2 % en raison du nouveau prix plancher de 20 €/kg, imposé par le quota obligatoire de 30 % de lait de brebis AOP. Cette inflation a bouleversé le paysage concurrentiel ; dans la région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse), l'élasticité des prix a chuté, entraînant une hausse de 28 % des parts de marché du « fromage à griller » non AOP, vendu près de 40 % moins cher que les importations authentiques.
La production de halloumi en Europe est paralysée par la « guerre des quotas », le prix du lait de brebis chypriote atteignant 2,15 € le litre. Cette situation empêche une compétitivité accrue face aux concurrents industriels d'Europe du Nord. Par conséquent, les grandes enseignes de distribution adoptent une stratégie de différenciation : réserver le halloumi AOP haut de gamme aux consommateurs aisés tout en développant activement leur gamme de fromages à base de lait de vache de marque distributeur pour les produits à bas prix. Les exportateurs chypriotes subissent une forte pression pour justifier leurs prix élevés par le prestige de leur marque, car le consommateur moyen se tourne rapidement vers des imitations moins chères.
Exploiter la croissance à trois chiffres de la valeur et l'inélasticité des prix sur la frontière des profits nord-américaine
L'Amérique du Nord s'est imposée comme le marché incontesté du halloumi, caractérisé par une croissance à trois chiffres en valeur plutôt que par une stagnation en volume. Le marché américain a pulvérisé le plafond d'importation de 45 millions d'euros en 2025, enregistrant une hausse fulgurante de 115 %. Contrairement au marché européen saturé, les consommateurs américains sont peu sensibles aux prix et perçoivent le halloumi comme un produit artisanal d'exception plutôt que comme un aliment de base. Cette dynamique favorise des prix FOB plus élevés, les produits vendus dans les chaînes haut de gamme comme Whole Foods atteignant plus de 12 dollars la livre – des marges actuellement inaccessibles au Royaume-Uni.
Alors que les producteurs locaux du Wisconsin et du Canada développent de plus en plus d'alternatives de type halloumi pour la restauration collective, le commerce de détail haut de gamme privilégie toujours le profil authentique chypriote. Pour les acteurs du secteur, l'opportunité d'arbitrage est indéniable : il est essentiel de réorienter les approvisionnements des circuits européens à faible marge vers ce marché prometteur. Aux États-Unis, la demande d'alternatives protéinées méditerranéennes dépasse largement l'offre, créant ainsi un marché vendeur lucratif pour ceux qui détiennent des stocks AOP sécurisés.
Les 3 principaux développements récents du marché du fromage halloumi
1. Acquisition de Dodoni par Hellenic Dairies (juillet 2025) : Dans le cadre d’une importante opération de consolidation qui redessine le paysage concurrentiel, Hellenic Dairies (Olympus) a finalisé l’acquisition de Dodoni auprès de CVC Capital Partners/Vivartia en juillet 2025. Cette transaction, d’une valeur d’environ 205 millions d’euros, donne naissance au plus grand groupe laitier de la région. Pour le marché du halloumi, elle combine l’immense réseau de distribution à l’export de Dodoni (plus de 50 pays) à la puissance opérationnelle d’Hellenic Dairies, créant ainsi un géant unique capable d’imposer sa politique de prix face aux distributeurs européens.
2. Charalambides Christis, moteur d'une forte croissance des exportations : Charalambides Christis , premier exportateur de produits laitiers de Chypre, a publié ses résultats du premier semestre 2025. Ses exportations de halloumi ont été le principal moteur de la progression du secteur, dépassant ainsi l'industrie pharmaceutique et devenant le deuxième poste d'exportation de Chypre. L'entreprise a enregistré une contribution significative de ses recettes d'exportation au total national de 201,1 millions d'euros pour le premier semestre, confortant sa position de leader sur les marchés britannique et du Moyen-Orient.
3. Arla Foods dévoile des produits laitiers fonctionnels « riches en protéines » (novembre 2025) : En amont du salon Food Ingredients Europe (FiE) 2025 à Paris (2-4 décembre), Arla Foods Ingredients a annoncé le lancement de nouveaux fromages et produits laitiers fonctionnels. Tandis qu’Arla Pro continue de commercialiser son fromage à griller non AOP auprès des professionnels de la restauration, cette nouvelle initiative, prévue pour le quatrième trimestre 2025, se concentre sur l’utilisation de Nutrilac® (MFGM) pour créer des produits laitiers fonctionnels riches en protéines. Ceci témoigne de la volonté d’Arla de se positionner non seulement sur la facilité de cuisson au gril, mais aussi sur la densité nutritionnelle, un argument traditionnellement dominant pour le halloumi.
Liste des principales entreprises profilées :
Aperçu segmentaire du marché :
Par type
Par nature
Par saveur
Par canal de distribution
Par région
| Attribut de rapport | Détails |
|---|---|
| Valeur de la taille du marché en 2024 | 496,44 millions de dollars américains |
| Revenus attendus en 2033 | 1 034,51 millions de dollars américains |
| Données historiques | 2020-2023 |
| Année de référence | 2024 |
| Période de prévision | 2025-2033 |
| Unité | Valeur (millions USD) |
| TCAC | 8.5% |
| Segments couverts | Par type, par nature, par saveur, par canal de distribution, par région |
| Entreprises clés | Achnagal Dairies, Almarai, Arla Foods, Dafni Dairy, Lefkonitziatis Dairy Products, Nordex Food, Olympus Cheese, Petrou Bros Dairy Products, Pittas Dairy Industries, Uhrenholt, Zita Dairies, autres acteurs de premier plan |
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